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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 17:08

Sommaire DECEMBRE 2011

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   « Le Soldat n’est pas un homme de violence. Il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller sans faillir au bout de sa parole tout en sachant qu’il est voué à l’oubli » 

(Antoine de SAINT EXUPERY)  

  

  • Lettre du CEMAT
  • Editorial
  • Agenda
  • 92RI Cérémonie de création du GTIA du 92e régiment d'infanterie "Wild Geese"
  • 36F La force navale européenne peut-elle aller plus loin contre les pirates somaliens ?
  • Dossier Général BIGEARD 
  • Breves
  • libre propos :le commandant de Saint Marc Comment le proscrit de la guerre d'Algérie est il devenu l'une des personnalités les plus respectées de la France de 2011?Liens Utiles .

 

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  • Editorial du Correspondant Defense de Chamalieres Claude Barbin

 

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  •  

    Je pensais consacrer cette newsletter aux fêtes de fin d’année , à évoquer les nombreuses manifestations du monde combattant Auvergnat auxquelles notre conseil Municipal et notre Député Maire Louis Giscard d’Estaing ont participé, à nos unités parrainées, le 92ème RI et la 36 F ,mais l’histoire nous a rattrapés.

     

    Le Général Bigeard reposera certainement aux Invalides et le Commandant Hélie de Saint Marc contre toute attente a été élevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d'Honneur, la plus haute distinction que la République peut conférer.

     

    Je ne pouvais qu’être ému à l’annonce de ces informations. Deux officiers parachutistes aussi emblématiques ,dans une décolonnisation qui à divisé notre Nation et ou tout deux  ont porté l’honneur, le patriotisme ,et le courage à son agrégore.

     

    C’est avec une grande humilité que je vous livre une partie de leur histoire, une partie de notre histoire.

     

    Ils sont de ceux qui orientent une vie, une carrière, un engagement, une ligne de conduite enthousiasmant les hommes de ma génération pour rejoindre les troupes parachutistes. 

  •  

  • Pour preuve les nombreux messages qui chaque jour depuis remplissent ma boite Mail ,longue liste d'Anonymes qui apportent leur temoignage ,leur soutien .

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  •   

    Ces deux photos symboles ,que tous ceux qui ont frequenté l'ecole d'etat Major de Compiegne connaissent pour les avoir vu tronant dans les salles de travail  parmi celles de nos Grands Soldats depuis Louis XIV , résument l'engagement total: 

  •  

  • Un Bigeard à la veille de la chute de Dien Bien Phu et Un Bigeard blessé commandant les troupes en Algérie..

     

    C'est comme ecouter « Non, je ne regrette rien » et etre avec  Hélie de Saint Marc et la Légion Etrangère dans les cachots du  Fort de Nogent en juin 1961

     

    Alors aujourd’hui accueillons ces deux grands Hommes comme tous ceux qui ont servi la Nation  en acceptant les décisions de l’Histoire.

  •  

  • La grande Histoire à reconnu les Siens.      

        Vous avez encore votre mot à dire en répondant  au questionnaire

que  je vous  propose.

 

Cordialement à tous bon NOEL

 

Claude Barbin 

 

 

Pétition pour le Général BIGEARD aux Invalides
Je vous invite
à aller sur ce site :
http://ouiabigeardauxinvalides.net/

 

et aussi

 

http://bigeardauxinvalides.fr/.

 

Eloge au Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc par le Général CA Bruno DARY, Gouverneur Militaire de Paris. Novembre 2011

http://biggles2007.canalblog.com/archives/2011/12/02/22868988.html  

 

  • Agenda  

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Orcines - Cérémonie des Ardents

vendredi 2 septembre 2011 à 16:38 :: Orcines

Le 2 septembre de chaque année, votre Député participe à la cérémonie commémorant l'attaque du maquis des Ardents, le 2 septembre 1943. Une cérémonie qui se tient sur les sites des communes d'Orcines et de Ceyssat où ont élevées des stèles à la mémoires des résistants morts pour la France et la liberté.

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Ceyssat - Cérémonie des Ardents

vendredi 2 septembre 2011 à 16:40 :: Ceyssat

Le 2 septembre de chaque année, votre Député participe à la cérémonie commémorant l'attaque du maquis des Ardents, le 2 septembre 1943. Une cérémonie qui se tient sur les sites des communes d'Orcines et de Ceyssat où ont élevées des stèles à la mémoires des résistants morts pour la France et la liberté.

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Bourg-Lastic - Cérémonie en hommage aux Harkis -

Louis GISCARD d'ESTAING a assisté le dimanche 25 septembre 2011, à la cérémonie en hommage aux Harkis organisée chaque année à Bourg-Lastic.

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 .

Clermont-Ferrand - Arrivée à Clermont-Fd de la 3ème Brigade mécanisée

samedi 1 octobre 2011 à 13:03 :: ---Canton de Clermont Ouest/Sud-Ouest

Samedi 2 Octobre 2011, une prise d'armes a eu lieu Place de Jaude à l'occasion de l'installation à Clermont-Ferrand de la 3ème Brigade mécanisée.

Une cérémonie sous le commandement du Général Bertrand CLEMENT-BOLLE, Commandant en second des forces terrestres nationales et du Général BARRERA, Commandant de la 3ème Brigade mécanisée, délégué militaire départemental et de commandement d'armes de Clermont-Ferrand, cérémonie à laquelle assistait votrer Député.

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Cérémonie du 11 novembre

De nombreux enfants des écoles de Chamalières ont participé à la cérémonie du 11 novembre autour des anciens combattants et porte-drapeaux, du Maire Louis GISCARD d'ESTAING, des élus de Chamalières, dont le Conseiller Général Alain BRESSON, du Conseil Municipal Jeunes de Chamalières, en présence notamment avec les autorités civiles et militaires, de Jean-Bernard BOBIN, Secrétaire Général de la Préfecture représentant le Préfet de la Région Auvergne, Préfet du Puy-de-Dôme.

jeudi 10 novembre 2011

Clermont-Ferrand - Veillée funéraire du 11 novembre

C'est au Cimetière des Carmes à Clermont-Ferrand que s'est déroulée la veillée funéraire du 11 novembre autour des anciens combattants et en présence des autorités civiles et militaires.

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 La Bourboule - Prise de Commandement

Le vendredi 4 novembre 2011, le Capitaine Philippe COMBE, a pris officiellement le commandement de la Compagnie de Gendarmerie de La Bourboule. Une cérémonie à laquelle assistaient notamment les Députés Louis GISCARD d'ESTAING et Jean-Paul BACQUET, Jean-Marc BOYER, Conseiller Général du canton de Rochefort-Montagne, Jean FALGOUX, Maire de La Bourboule et le Colonel BENSA, Chef du Groupement de Gendarmerie du Puy-de-Dôme.

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Le 92e régiment d’infanterie (92e RI) de Clermont-Ferrand appartient à la 3e brigade mécanisée (3e BM).

 

NOVEMBRE 2011

Cérémonie de création du GTIA du 92e régiment d'infanterie "Wild Geese"Pour la video de la ceremonie cliquez sur le lien

  http://www.youtube.com/watch?v=jR_JYnqtkGQ

 

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36 F Flotille de l'Aéronaval   

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RAPPEL

CHAMALIERES Ville marraine de la Flottille 36F

 

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La force navale européenne peut-elle aller plus loin contre les pirates somaliens ?

 

Par Capitaine de corvette Alexandre Marchis, stagiaire de la 19ème promotion de l'Ecole de guerre

 

 

Si ces derniers mois, la famine, les enlèvements d'occidentaux et les actions armées du groupe Al-Shabaab ont fait parler de la Somalie dans l'actualité, un autre mal, la piraterie, mobilise les forces navales depuis 2008. Parmi elles, la force navale européenne (EUNAVFOR) mène l'opération Atalante. Avec la stabilisation du phénomène, certains membres de l'Union Européenne souhaiteraient désormais conduire des actions plus offensives. Mais cet avis n'est pas partagé par l'ensemble des 27 membres tant il demeure des incertitudes quant aux conséquences de telles opérations.

Trois coalitions (OTAN, UE et multinationale sous influence américaine) et d'autres Etats, comme la Chine, l'Inde, le Japon, la Russie ou l'Iran, opèrent aujourd'hui au large de la Somalie. Face à un tel déploiement de force, les pirates ont changé leur tactique : délaissant un golfe d'Aden désormais sécurisé, ils n'hésitent plus à attaquer à 2000 km de leurs bases dans l'océan Indien en utilisant des navires piratés comme base logistique. Les marines ont donc adapté leurs modes d'action et incité les navires de commerce à prendre des mesures de protection pouvant aller jusqu'à l'embarquement d'équipes de sécurité privées. Ces réponses ont permis de limiter le nombre de bâtiments capturés alors que les tentatives des pirates augmentaient régulièrement. En douze mois, le nombre de bateaux et d'otages retenus dans les mouillages de la côte somalienne a ainsi diminué de moitié.

 

L'Europe contribue largement à cette réussite avec de nombreuses interceptions de pirates et plus d'une centaine d'escortes de navires affrétés par le Programme Alimentaire Mondial et la mission de l'Union Africaine en Somalie conduites avec succès. Le mandat de l'opération Atalante court jusqu'en décembre 2012. Si aucun changement n'intervient en Somalie, il sera probablement prolongé. En effet, la maladie de ce pays est son instabilité chronique. Lutter en mer contre la piraterie, ce n'est que combattre l'un des nombreux symptômes de cette maladie, mais pas la traiter.

 

 

Et cette lutte est coûteuse. L'Union Européenne déploie, suivant les saisons, 5 à 8 bâtiments de combat et 2 à 4 avions de surveillance maritime mobilisant entre 1000 et 1500 militaires. Le coût annuel d'Atalante est voisin des 300 millions d'euros. Cette charge financière durable amène certains gros contributeurs, comme la France ou la Grande-Bretagne, à pousser l'UE à envisager des mesures plus coercitives contre les pirates.

 

 

Que peut faire de plus l'EUNAVFOR contre les pirates ? A terre, le démantèlement des gangs n'est pas de la compétence de l'Europe mais du gouvernement fédéral de transition (TFG) ou des régions ayant proclamé leur autonomie. Le cas du pirate ayant mené les négociations dans la tragique capture du voilier américain Quest, appréhendé par le FBI sur le territoire somalien, est marginal, car il possédait la nationalité américaine. En mer, certains marins européens souhaiteraient pouvoir agir contre les pirates avant qu'ils ne commettent leurs méfaits. Mais la présence d'otages à bord des bateaux utilisés en support logistique ou de ceux retenus au mouillage rend délicate toute intervention. C'est donc en zone littorale que se trouveraient les meilleures opportunités avec l'attaque, depuis la mer, des camps pirates afin de briser les chaînes logistiques. Ce type d'action est techniquement envisageable et se rapproche de ce qui a été fait en Libye. Les frégates peuvent tirer contre terre, des forces spéciales mener des actions ciblées et des raids d'hélicoptères d'attaque détruire des objectifs d'opportunité.

 

 

Toutefois, ces opérations présentent deux risques. Le premier est lié aux pirates. L'attaque de leurs camps provoquera un durcissement de leur attitude. L'utilisation de boucliers humains, l'exposition voire l'exécution d'otages et l'arrivée d'armements lourds en zone côtière sont des réponses malheureusement envisageables. Le second risque est directement lié à la Somalie. Il n'est pas dit que des actions militaires étrangères sur le sol somalien soient acceptées par un TFG satisfait par le compromis actuel. En effet, même si certains de ses proches seraient eux-mêmes impliqués dans la piraterie, le TFG a besoin de l'EUNAVFOR : les navires européens escortent les bateaux transportant l'aide alimentaire internationale et les troupes de l'Union Africaine combattant les islamistes d'Al-Shabaab.

 

 

Or, la population du nord, en cas d'action occidentale sur ses terres où sont basés les pirates, pourrait être tentée de rallier ces islamistes qui sont déjà maîtres de tout le sud de la Somalie. Pour de nombreux Somaliens, les pirates sont des garde-côtes qui protègent la souveraineté des eaux nationales et répondent au pillage de leurs ressources halieutiques dû à la surpêche occidentale et asiatique. Les interventions militaires en haute mer ont un impact faible sur la population mais sont visibles quand elles sont terrestres : considérées comme illégitimes ou injustes, elles pourraient alors attiser la haine de l'Occident. Al-Shabaab, sans avoir de lien avéré avec la piraterie, pourrait donc en profiter indirectement pour augmenter son influence : la situation intérieure somalienne deviendrait alors très incertaine.

 

 

Elargir le champ d'action de l'EUNAVFOR est donc un pari risqué, mais tactiquement réaliste. Evoquée en septembre dernier lors de la réunion des ministres de la défense de l'UE à Breslavia en Pologne, cette idée, appuyée par la France et la Grande-Bretagne, a rencontré une opposition farouche chez certains Etats partisans du statu quo, comme l'Allemagne. Paradoxalement, ce sont les succès remportés en mer qui pourraient menacer la première opération navale européenne. En effet, certains contributeurs, lassés de déployer à grands frais des bâtiments de guerre de premier rang pour de simples escortes, pourraient bien se retourner vers l'OTAN ou décider d'agir sous leur propre pavillon. Il s'agirait alors d'une nouvelle épreuve pour l'Europe de la défense après les divergences entrevues au début des opérations en Libye.


Pour lire d'autres analyses, rendez-vous sur le site de l'Ecole de guerre

 

 

 

 

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  • Dossier    Général BIGEARD

 

 

PRIX HONNEUR ET PATRIE 2011

 

Discours prononcé par le professeur Alain LARCAN,

membre du Jury du Prix Honneur et Patrie, 

lors de la remise du Prix 2011 à Marie-France BIGEARD,

fille du Général Marcel BIGEARD,

auteur du livre Ma vie pour la France

le 9 novembre 2011 à Toul

 

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Prix d'Honneur et Patrie de la Société d'Entraide de la Légion d'Honneur attribué à Ma vie pour la France de Marcel BlGEARD.

Ma vie pour la France de Bigeard, Encore Bigeard, toujours Bigeard, eh oui, car le dernier ouvrage paru quelques semaines après sa mort, rappelle la vie héroïque du Général qui reste pour beaucoup de Français, témoins ou participants de cette époque marquée par les guerres d'Indochine, puis d'Algérie, le colonel Bigeard, chef du  6 eme R.P.I.M.A. En l'intitulant Ma vie pour la France, ce que l'éditeur du Rocher complète en titrant le livre Testament, le Général, a bien marqué par une déclaration manuscrite qui figure à la 4eme page de couverture son ultime souhait...

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On retrouve dans ce livre bien construit et bien écrit, tout ce que nous connaissions déjà de l'officier sorti du rang, du combattant sans défaillance, du chef qui s'impose, celui que le général de Gaulle dans ses Mémoires d'Espoir dénomme I' « héroïque Bigeard » qui nous avait déjà livré ses souvenirs dans de nombreux ouvrages tous exaltants et émouvants : Aucune bête au monde, Piste sans fin, De la brousse à la jungle, et surtout Pour une parcelle de gloire et encore Lettres d'Indochine, La guerre d'Indochine, Paroles d'Indochine, Ma guerre d'Algérie, enfin Crier ma vérité, Mon dernier Round...

 

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Les faits restent les faits, ils sont imprimés solidement et durablement dans la mémoire de l'auteur, du soldat, et en quelque sorte dans le corps et le cerveau du héros de telle sorte qu'ils réapparaissent dans l'ordre chronologique nous donnant l'impression certes du déjà vu, du déjà lu, du déjà entendu, mais avec une force nouvelle, comme si le Général avait réussi à transcender les événements, les rendre totalement signifiants, nous permettant aujourd'hui sans difficulté, plus encore qu'hier, d'en tirer les « leçons ».

« Je veux faire, le bilan d'une vie que je n'aurais pas pu imaginer, telle qu'elle s'est déroulée ».

Petit employé de la Société Générale, il a parfois employé le terme de saute-ruisseau, il ne pensait pas avoir la vocation des armes.

 

Il se révèle dès la guerre 39-40. Il participe à la résistance en Ariège, en particulier à la bataille de Foix et il reçoit ses premières citations tout en réalisant trois tentatives d'évasion qui lui permettent de finir par rallier le Sénégal après avoir été entraîné au parachutage par les Britanniques.

 

 

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Après 1945, ce sera l'Indochine puis l'Algérie, ces deux guerres qu'il faut bien qualifier de coloniales et de décolonisation. A l'heure où l'on s'interroge sur la guerre en Afghanistan et que l'on honore dignement les soldats tués, nous devons rappeler que nous avons eu infiniment plus de pertes en Indochine, nous perdions un officier par jour, alors que nous avions, personne ne peut le contester, des intérêts à défendre, nos soldats y mouraient pour la France, mais on n'en parlait pas, on cachait les cercueils et il n'y avait aucune cérémonie à leur retour.

C'est ce qui donne toute sa force aux pages consacrées à l'Indochine où Bigeard est envoyé en octobre 1945 et où il va passer ce qu'il nomme ses plus belles années. Ce pays, le Viet Nam, le marquera à jamais ; il aura en quelque sorte le mal jaune, évoqué dans les romans de Hougron et de Lartéguy.

Point d'appui à Gia Dinh à quelques kilomètres de Saïgon, pacification de la plaine des joncs : « aucun village ne nous résiste, puisque l'ennemi a fui à notre approche et revient après notre départ, nous brassons l'air» .

 

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Il rencontre et tente d'analyser pour la première fois la guérilla mobile insaisissable et c'est le débarquement au Tonkin dans la baie d'Haiphong. Volontaire pour la haute région en pays Thai, sur les arrières des Viets, il se révèle un chef exceptionnel de commando. Il forme des groupes de 25 hommes qui marchent des nuits entières pour attaquer les Viets au petit matin. La colonne Bigeard exécute des attaques éclairs minutées, de façon réglée, impeccable. Alors qu'il n'a que 30 ans, on le qualifie déjà de seigneur de la guerre (le vieux, a encore réussi son coup...).

 

Puis c'est la reprise de Son La sur la RC 41, la tactique se rôde : renseignement, marche de nuit, arrivée près de l'ennemi à l'aube, diversion et attaque par les hauteurs, prise de Van Yen, dégagement de Moc Chau

 

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Les Thai, peuple à part, qui n'aiment pas les Tonkinois sont entièrement acquis. Bigeard sait qu'il faut avant tout que les troupes anti-guérillas soient renseignées, mobiles, connaissent le terrain et qu'il ne faut en rien mener une guerre classique. Il se porte volontaire pour un deuxième séjour avec le 3en` BCCP. Ce sont huit mois passés dans la région de Chien Dong, le PC de « Bruno » son surnom, est à Son La, capitale du pays Thai noir, qui l'amène dans l'opération Phoque en zone opérationnelle, à proximité de Thai Nguyen, PC d'Hô Chi Minh.

 

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On relit avec un intérêt passionné et il faut le dire douloureux ces pages consacrées à l'Indochine, aux trois séjours en Indochine, en particulier le troisième à partir de juillet 1952. Haiphong, la haute région, le saut sur Tula en liaison avec les deux autres postes menacés eux aussi de Nghiaho et Gia Hoi, la terrible retraite par le col de Kao Phu qui après Nasan, un de nos rares succès, malheureusement devait inciter les chefs à en reproduire la tactique dans la triste cuvette aux cinq collines de Diên Biên Phu ; que n'avaient-ils relu le livre paru au X1Xème siècle des généraux Rogniat et Brialmont sur la « funeste doctrine des camps retranchés » ?

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Bigeard après une exploration inquiétante lors d'un premier parachutage sur le camp en formation, gagne le Moyen Laos et la base de Séno puis retourne à Diên Biên Phu, investi et mal en point sur le point d'appui Eliane 4 ; Bigeard et son 6ème BPC vont tenir 57 jours ; comme il l'écrit, il ne restera à la fin de la bataille et de la terrible marche de captivité que 40 survivants sur les 800 hommes de son bataillon.

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Il restera très marqué par Diên Biên Phu et plus encore par la captivité et la cruauté inutile et inhumaine du Viet Minh qui mêle à l'humiliation, une sous-alimentation délibérée. Il écrit : « je dirai tout ce qui s'est passé à Diên Biên Phu, ce que j'ai sur le coeur et on ne me fera pas taire. Pendant ces mois de captivité et d'horreur, les 2/3 d'entre nous sont morts. Partis à 12000, nous reviendrons 4000 » et quand ils regagnent enfin Hanoï, le retour est terrible : « nous avons l'impression d'être des pestiférés, nous sommes la mauvaise conscience, nous avons failli crever à cause de l'incompétence et du lâchage du Grand Etat-Major

 

Après l'Indochine, ce sera l'Algérie. Bigeard l'avait dit au chef d'Etat-Major, le général

Blanc, mais il pensait que les Fellaghas n'étaient pas les Viets

 

 

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Bigeard va en Algérie à de multiples reprises, cette fois comme chef de corps du 3ème RPC, le Régiment Bigeard, appartenant à la non moins fameuse le' D.P. du général Jacques Massu. Après avoir dynamisé son régiment fait surtout d'appelés, fait adopter la fameuse casquette des lézards et la devise : «oser, être et durer », ce sont les opérations dans le massif de l'Edough à l'ouest de Bone, l'opération Eventail au nord d'El Milia, à l'ouest de Philippeville, surtout les opérations dans les Nementchas près de Tebessa, la participation à la bataille d'Alger avec la prise de Ben Mhidi puis les opérations Atlas dans la zone de Medea ; à Gounenda près de Blidah contre le chef Azzedine, puis ce sont encore la deuxième bataille d'Alger, les opérations en Kabylie, dans le grand Erg, autour de Colomb-Béchar, à Timimoun, puis sur le barrage, avant de prendre le commandement de l'Ecole de Philippeville, enfin l'affectation à Saïda.

 

 

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Bigeard met au point une tactique nouvelle et efficace de contre-insurrection. Ayant constaté l'échec des grosses offensives planifiées, il utilise avec beaucoup, de minutie le renseignement, cherche à surprendre l'ennemi à la suite de longues marches dans le Djebel et sur les pitons et il affine peu à peu la tactique par l'emploi simultané des hélicoptères et des véhicules alertés par radio, avec le soutien de l'aviation.

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On a remarqué son souci constant de faire une guerre digne et juste. Il faut, dit-il, vivre comme l'ennemi, comprendre sa mentalité, sa stratégie. En Indochine, il avait combattu les soldats Viet Minh « types estimables, fanatisés peut-être, mais combattants hors pair, préférant se faire tuer sur place plutôt que de reculer ».

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Oui, sans idéal, on ne gagne pas une guerre ; « leur ardeur, leur résistance, leur foi, leur fanatisme sont venus à bout de l'une des meilleures armées du monde ». Mais il ajoute aussi : « au bout de l'orgueil, de l'incompétence et de l'inconscience des politiques et des chefs militaires : pourquoi ont-ils gagné ? parce qu'ils en avaient plus envie que les Français. Nous nous battions loin de chez nous pour une idée un peu abstraite : faire obstacle au communisme ; ils luttaient pour libérer leur pays de ce qu'ils considéraient comme une occupation ».

 

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Il rend hommage au talent militaire de Giap et quand il retournera au Viet Nam, il dialoguera à Diên Biên Phu avec le colonel Viet Minh, Pham Xuan Phuong. En Algérie, il sait que le F.L.N. bénéficie de la complicité de la population algérienne et aussi hélas d'un certain  

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nombre d'européens, certains par intérêt, la plupart par idéal... Il dialogue avec Ben Mhidi qu'il a fait prisonnier et n'admettra pas sa liquidation. C'est la raison pour laquelle il pense que la torture ne peut pas faire partie de nos méthodes, distinguant l'interrogatoire muselé d'une torture prolongée quasi-sadique. Il souffrira beaucoup des accusations absurdes, injustes, « insultantes » que l'on retrouvera dans une presse française trop complaisante à partir de 1980 et surtout après 2000.

 

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Chef parachutiste, béret rouge, il revient souvent sur sa deuxième famille « Ma vie et ma raison d'être ; il évoque le saut, cette sensation indescriptible, unique, la mission du parachutiste qui dès qu'il est à terre, doit se protéger, creuser son trou... Un para comme le légionnaire romain va où on lui dit d'aller...

Il est surtout un commandant d'unité qui cherche à former des hommes, à les unir en esprit, à les préparer à approcher le combat. « Je reçois des types lourds et empruntés ; en sortant de chez moi, ils sont transformés, souples, félins, habiles, résistants » ; c'est cela la formation Bigeard. « Vous étiez avachis, mal rasés, mal habillés, vous êtes aujourd'hui souples, bronzés, frais », ceci nécessite de la part du chef une attention de tous les instants ou officiers, sous-officiers, hommes de troupe, tous sont logés à la même enseigne, à égalité dans l'entraînement : il faut « oser, être et durer ».

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 Les gars du contingent (en majorité au 3 RPC) sont capables du meilleur à condition d'être encadrés et on comprend son indignation partagée par beaucoup en particulier chez les officiers de réserve de la « suspension » du service militaire décidée par qui vous savez.

 Revenu en métropole, nommé général de corps d'armée à la tête de la région de Bordeaux, il va  faire un court passage dans la jungle politique en tant que Secrétaire d'Etat à la Défense, puis il va avec persévérance et talent se battre avec sa plume, même s'il n'était pas formé à devenir un  

écrivain. J'étais, dit-il, assez doué en français, plus en grammaire et analyse logique qu'en  

rédaction. En fait, il n'a pas eu besoin de faire appel à l'imagination puisqu'il lui a suffi de dire  

ce qu'il a vu et vécu. Le héros va devenir le héraut de l'armée et de sa place dans la nation. Il se

fait le chantre inspiré de la ferveur patriotique et ne cesse par la parole et l'écrit de ranimer la

flamme, de magnifier les sacrifices qui, pense-t-il, n'ont pas été vains dans la mesure où on ne

les oublie pas et surtout on ne les avilit pas. C'est la raison pour laquelle il s'élève avec force

contre la repentance et surtout la campagne de calomnie

 

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Concernant la torture qui va le viser ainsi que les généraux Massu et Schmitt. En réaliste, il fait le récit des faits et événements sans fioriture, tels qu'ils ont été vécus. Cet homme d'expérience, d'action et terrain, porte des jugements mesurés sur les décisions politiques et militaires, sans a priori idéologiques, sans rancune et sans haine. Il estime n'avoir rien eu à cacher, et c'est avec ses qualités de courage, de bon sens et de cœur, qu'il raconte sa vie au service de la France pour que la jeunesse y trouve des raisons de vivre et d'espérer.

 

 

Dans toutes les pages, on trouve ce sentiment de fraternité qui lie officiers, sous-officiers et soldats. L'hommage qu'il rend à un sous-officier comme le sergent Sentenac, dont la photographie sera toujours sur son bureau est particulièrement émouvante.

Il sait l'importance des forces morales, de l'exemple, de l'effet d'entraînement du chef, surtout du chef qui comme lui, a la baraka. Il ne dit jamais : en avant, mais suivez-moi. Il ne parle jamais de lâcheté, car la peur fait partie de la guerre, même si par chance elle ne l'a jamais touchée.

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Il livre une analyse lucide des combats qu'il a affrontés face à ceux qui voulaient l'indépendance. C'est d'ailleurs ce qu'il dit en substance au général de Gaulle lui-même en Algérie pour lequel il gardera en dépit de tout, grande estime, reconnaissance et admiration.

On comprend que son attitude assez peu conformiste lui ait valu quelques ennuis, sans nuire finalement cependant à son avancement. La hiérarchie semblait parfois ne pas lui pardonner le soutien de l'opinion. Il a été relevé de son commandement en Indochine pour excès d'indépendance. Il dut quitter Alger en souplesse et sans fanfare ; les notes que lui donna Massu et dont il put prendre connaissance quand il fut Secrétaire d'Etat restent savoureuses. Il est heureusement à Bouar lors du putsch.

 

Les portraits qu'il donne des chefs et des hommes politiques sont évocateurs et sonnent juste.

 

Hommage à Chaban et à Pierre Messmer, plus tard à Jean-Pierre Chevénement, à Giscard et à Barre.  

Hommage aux chefs militaires : Alessandri, Linares, Beaufre, Gambiez, Ducournau, pour ne

citer que quelques-uns. Hommage à ses homologues et camarades de combat : Brunet,

Brechignac, Langlois, Lalande, Botella ; à ses subordonnés : Chabannes, Magrillat, Trapp,

Leroy, Touvet, Peretti, Allaire, Volgemann, Flores. Le Boudic, Lenoir ; à ses sous-

officiers : Santenac, Marc Flament et à son garde du corps Martial Chevalier

 

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>  

Cet officier général, sorti du rang, rejoint dans l'histoire militaire hélas trop souvent oubliée les Fabert, les Chevert, les Hoche, les Lefebvre, les Lannes et de très nombreux généraux de la Révolution et de l'Empire, les Bugeaud qui tous avaient commencé comme simples soldats ou sous-officiers avant de terminer aux plus hauts échelons de la hiérarchie militaire.

 

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Sans être sorti des grandes écoles, il s'était imposé par son excellence physique et son moral, son humanité, l'amour de ses hommes, la décision de sauter le premier. Il resta, en dépit des prétoriens, un républicain dont la vie fut un combat loyal jusqu'au dernier souffle. Par son courage et son exemple, il s'imposait à ses hommes, à ses pairs, à ses chefs car comme l'écrit le général de Gaulle « le prestige personnel du chef est le ressort du commandement ». On percevait chez lui un magnétisme de confiance quelles que soient les circonstances. Il avait «ce don élémentaire, cette attitude naturelle qui échappe à l'analyse, ce fluide d'autorité dont on ne peut discerner au juste en quoi il consiste et dont même on s'étonne parfois tout en subissant l'effet » (Le Fil de l'Epée).

 

 

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Ce grand soldat a donc apporté un témoignage vécu irremplaçable sur la décolonisation douloureuse, sur l'évolution de la tactique de combat de contre-insurrection, à laquelle il a imprimé sa marque. La redécouverte par les Américains de la tactique française en Algérie attribuée à David Galula ne doit pas faire oublier le rôle essentiel de Bigeard et de quelques autres.

 

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Ecrivain militaire, il se situe dans la lignée qui en France va de Montluc à Charles de Gaulle,

Bigeard plus simplement a raconté sa vie, ses succès, ses échecs, ses combats en partant de la  

situation, des circonstances, en montrant les hommes en présence, en rappelant les ordres reçus et  

la solidarité dans le combat. L'idéal, fait de devoir patriotique, c'est celui du soldat, du fantassin, 

du parachutiste, qui a connu et décliné toutes les facettes de la vie militaire, écrivant en quelque 

sorte à la façon d'Alfred de Vigny un nouveau grandeur et servitude militaires du Mme  

siècle et qu'il conviendra sans doute de rapprocher du dernier Goncourt attribué à Alexis Jenni

pour l'art français de la guerre. Mais à la différence de ces écrivains, il s'agit d'un témoignage 

vécu

 

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 « oser, être et durer » 

 

Il a terminé son livre Testament en exprimant son ultime souhait : «que mon parcours rappelle aux jeunes générations le sens des valeurs que j'ai toujours défendues, celles qui font la grandeur d'un homme et d'un pays »

 

 

 

Alain LARCAN

  

Pétition pour le Général BIGEARD aux Invalides
Je vous invite
à aller sur ce site :
http://ouiabigeardauxinvalides.net/

 

et aussi

 

http://bigeardauxinvalides.fr/.

 

     

 

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http://ouiabigeardauxinvalides.net

 

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Intitulés des décorations Françaises

* Grand-croix de la Légion d’honneur
* Croix de guerre 1939-1945 avec 7 citations dont 3 à l'ordre de l'armée (palmes)
* Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures avec 17 citations dont 12 à l'ordre de l'armée
* Croix de la Valeur militaire
* Médaille de la Résistance
* Croix du combattant
* Médaille coloniale agrafe "Extrême-Orient"
* Médaille commémorative de la guerre 1939-1945
* Médaille commémorative de la campagne d'Indochine
* Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord
* Médaille des blessés militaires avec cinq étoiles (pour cinq blessures de guerre)

Intitulés des décorations étrangères

* Distinguished Service Order (DSO)
* Grand-Officier du Mérite Sénégalais
* Grand-Officier du Mérite Togolais
* Grand-Officier du Mérite Comorien
* Grand-Officier Arabie saoudite
* Commandeur de l'ordre du Mérite national mauritanien
* Commandeur du Mérite centrafricain
* Commandeur fédération pays Thaï
* Commandeur du Dragon d'Annam
* Commandeur Legion of Merit (US)
* Officier du million d'éléphants (Laos)

Honorariat

* 1re classe d'honneur de la Légion étrangère, matricule 105 265 obtenu en 1954.



 

 

  • LIBRE PROPOS    

   

  L'honneur d'un commandant

Par Etienne De Montety Publié le 05/11/2011 à 12:18
 
 
L'ancien officier parachutiste doit être élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy. Comment le proscrit de la guerre d'Algérie est-il devenu l'une des personnalités les plus respectées de la France de 2011 ?
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A quoi pouvait bien penser le commandant de Saint Marc dans le fourgon cellulaire qui l'emmenait à la prison de la Santé, au lendemain du putsch d'Alger en avril 1961 ?

 

A l'honneur, cette noble notion qu'il avait découverte dans Corneille lorsqu'il était lycéen à Bordeaux, et qui avait pris réalité en lui, année après année, tandis qu'il faisait son métier de soldat. Condamner à une mort certaine des hommes qui avaient choisi de servir la France, était-ce compatible avec l'honneur, c'est-à-dire avec l'idée qu'on se fait de sa condition d'homme ?

 

Cette question, les circonstances ne lui avaient pas permis de se la poser en 1949 quand il avait reçu l'ordre d'évacuer son poste de Ta Lung, à la frontière chinoise. En revanche, il avait eu tout le temps de la tourner et de la retourner dans sa tête pendant son séjour en Algérie. Les victoires militaires remportées par son régiment, le 1er REP, lui avaient un moment évité de s'interroger. Mais le changement de politique du gouvernement français avait tout bouleversé.

 

 

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Puisqu'il en était à Corneille, Hélie de Saint Marc songeait au dilemme où les circonstances l'avaient enfermé : soit consentir à l'abandon précipité de l'Algérie et de ceux de ses fils qui avaient choisi de combattre aux côtés de l'armée française, soit se rebiffer et prendre la terrible décision de conduire un régiment étranger à la désobéissance aux lois de la République. Il avait alors pris une option qu'il savait attentatoire à ce qu'un gouvernement était en droit d'attendre d'un soldat, l'obéissance. Mais l'honneur serait sauf.

 

 

Le 22 avril 1961, le commandant de Saint Marc avait marché sur Alger à la tête du 1er REP, soutenant l'entreprise de quatre généraux entrés en opposition avec la politique du général de Gaulle en Algérie. La veille, il avait rencontré en secret l'un d'eux, le général Challe, l'homme du plan de pacification qui avait pour fer de lance les parachutistes, l'officier républicain qui lui avait donné des assurances sur l'issue qu'il voulait donner à l'opération. C'est pour lui qu'il avait accepté cette entreprise. Le putsch s'était vite soldé par un échec, la dissolution de son régiment, et l'arrestation des conjurés. Pour Saint Marc, l'aventure était finie, croyait-il.

 

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Ce jour d'avril 1961, dans ce fourgon, entre deux gendarmes, le commandant de Saint Marc ne songeait qu'à l'honneur.

Sa génération avait appris que, parfois, celui-ci trouvait refuge dans la rébellion. Des officiers admirables lui avaient montré l'exemple : Leclerc, de Lattre, Massu et Charles de Gaulle, le « refuznik » de 40. C'est dans l'esprit de l'appel de Londres qu'Hélie de Saint Marc était devenu un réfractaire, un jour du printemps 1941.

 

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Mais il n'imaginait pas, dans le tourment qui était le sien, et dans son infortune, qu'un demi-siècle plus tard, le président de la République française l'élèverait à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. La Légion d'honneur,

 

 il l'avait reçue pour la première fois en Indochine, des mains du général de Lattre. Il allait en être déchu. «Les décorations, on m'en a décerné, on me les a retirées, on me les a redonnées. On m'en décerne de plus prestigieuses encore...», dit-il aujourd'hui en souriant. Bientôt - le 11 novembre ? - l'ancien déporté de Buchenwald, ex-officier de Légion étrangère sera élevé à ce grade de l'ordre de la Légion d'honneur - le plus haut auquel puisse prétendre un citoyen - par Nicolas Sarkozy. Qu'est-ce qui vaut à l'ancien reclus de Tulle pareille distinction ? Les temps auraient à ce point changé que les rebelles d'hier seraient aujourd'hui célébrés comme des modèles ?

 

 Cette consécration, Saint Marc la doit à son exceptionnelle personnalité. Depuis vingt-cinq ans, il s'est comme échappé de sa propre histoire pour devenir un symbole. Le symbole d'une France qui cherche à comprendre plutôt qu'à juger, à nuancer plutôt qu'à caricaturer. Ses livres ont tous été des succès de librairie. Leurs titres - Les Champs de braises, Les Sentinelles du soir, Notre histoire- sont devenus des mots de passe. A ses conférences se pressent des jeunes gens de tous horizons qui viennent recevoir de lui des leçons d'histoire et surtout de conduite que ni leur époque ni leurs professeurs ne leur prodiguent plus.

 

Hélie de Saint-Marc, Grand Croix de la Légion d'honneur

Acteur de nombreuses pages de l'histoire de France contemporaine

Avec les années, Hélie de Saint Marc est devenu -nolens volens- un témoin capital. Il aura 90 ans en février prochain. Il a été un acteur de nombreuses pages de l'histoire de France contemporaine, et des plus trépidantes. Il s'est engagé dans la résistance à 20 ans, en 1941, en rejoignant le réseau Jade-Amicol du colonel Arnould. D'abord passeur sur la ligne de démarcation, il a décidé de gagner la France libre. Arrêté a la frontière espagnole, il fut envoyé au camp de Buchenwald. Il a connu pendant deux ans l'enfer du camp satellite de Langenstein : sur les 1 000 déportés de son convoi, seuls 30 en sont revenus. Il a combattu ensuite en Indochine puis en Algérie, aux avant-postes de ces batailles où la France s'est déchirée.

 

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  • Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation
  • Croix de guerre des TOE avec 8 citations
  • Croix de la valeur militaire avec 4 citations
  • Médaille de la résistance
  • Croix du combattant volontaire de la Résistance
  • Croix du combattant
  • Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient »
  • Médaille commémorative de la guerre 1939-1945
  • Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance
  • Médaille commémorative de la campagne d'Indochine
  • Médaille commémorative des opérations au Moyen-Orient (1956)
  • Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord (1958) avec agrafes « Algérie » et « Tunisie »
  • Insigne des blessés militaires (2)
  • Officier dans l'ordre du mérite civil thaïlandais Sip Hoc Chau

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La personnalité claire et généreuse d'Hélie de Saint Marc l'a conduit à ne pas être qu'un simple « héros » tiré des griffes du destin par quelque bonne fée.

 

Il a accepté d'assumer une situation singulière devant l'Histoire. Il a été successivement acteur, victime, une nouvelle fois acteur, avant d'endosser la tunique d'infamie du proscrit. Ces rôles que lui fit jouer l'Histoire, il les explique avec douceur, sans assener de certitudes mais en assumant des contradictions apparentes qui ne sont à ses yeux que les aléas d'une existence. «Tout est lié, a-t-il coutume de dire. Il n'y a pas d'actes isolés.»

 

Il n'est ni Leclerc, ni Remy, ni Bigeard ni Bastien-Thiry. Il tient une place à part dans la mythologie nationale. Il a connu le respect et la compassion de ses contemporains, leur incompréhension et leur dédain. Le seul récit de sa vie permet que soient mieux compris les récents épisodes des « actualités françaises ». Grâce à Hélie de Saint Marc, la tragédie de la déportation n'est pas le seul apanage des militants communistes. La guerre d'Indochine, lointaine et obscure, prend un autre visage, le sien, un visage aux grand yeux bleus étonnés et émus qui explique les raisons de la présence française sur cette terre d'Extrême-Orient, avoue le coup de foudre que ses soldats ont eu pour ce pays, ses lumières et ses habitants.

 

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  Hélie de Saint Marc incarne encore la complexité de la guerre d'Algérie.

 

Simple guerre coloniale, cette intervention dans des départements français peuplés d'un million d'Européens depuis cent trente ans ? Formaient-ils vraiment une armée d'occupation, volontiers tortionnaire, ces hommes qui, pour certains, étaient rescapés de Buchenwald ou Mauthausen (Jeanpierre, Morin, et lui, Saint Marc) ? Quel sens ces officiers donnaient-ils à leur combat ? Quelle idée de l'homme et de la France les menait ? Celle de Lyautey, celle de Mollet ? Et enfin, qu'est-ce qui pousse un soldat à la révolte ? Quelque dessein brutal, quelque orgueil ? Ou une nécessité irrépressible, celle de faire parler la petite voix d'Antigone, de la conscience humaine qui dit : «Si omnes, ego non» ?

 

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Aujourd'hui, Hélie de Saint Marc n'est pas un « ancien combattant ».

 

Ceux qui lui rendent visite dans son appartement ensoleillé du cœur de Lyon, rempli de souvenirs, sont frappés. Le vieil homme est toujours avide de se faire expliquer un monde qui n'est plus le sien. Plutôt que ressasser tel fait de guerre, il préfère interroger inlassablement ses visiteurs : la crise boursière, l'immigration, la révolution numérique, il ne se résigne pas à ne pas comprendre : «si peu de choses dans les mains et tant à portée de la main», aime à répéter celui qui sait encore s'émerveiller devant la beauté du jour, la grâce d'une femme ou le regard d'un enfant.

 

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Au fil des ans, Hélie de Saint Marc est devenu une « icône » de la réconciliation nationale.

 

Depuis un demi-siècle, il échappe aux étiquettes. Lors de son procès, les observateurs avaient constaté qu'il n'avait rien de l'officier fanatique, ivre de Mao, Gramsci et Maurras. Ses lectures allaient plutôt du côté de Psichari et de Camus. Son tempérament le pousse à l'apaisement et à la réflexion. A ses visiteurs, il délivre un message de mesure et d'exigence. Aux jeunes gens qui le pressent de questions, il répond en les encourageant à s'engager pleinement dans leur époque,à «désirer le plus haut, mais en visant au plus juste»...

 

 Pas de mots d'ordre ou de provocations bravaches. La comédie contemporaine n'aura pas réussi à en faire un gourou ni un indigné professionnel. S'il parle et écrit, sans se départir d'un ton grave et émouvant, il pratique volontiers l'ironie pour se libérer des égards et prend ses distances avec les grandeurs d'établissement.

 

Il y a quelques années, l'écrivain François Nourissier était venu lui rendre visite dans sa maison de la Drôme. Entre le président de l'Académie Goncourt et l'officier déchu, peu de points communs. Une même génération toutefois, et un souvenir. En 1961, dans France Observateur, Nourissier avait pris courageusement la plume pour défendre Saint Marc au moment de son procès. Celui-ci se le rappelait, avec gratitude. Dans la douceur d'un soir, les deux hommes avaient devisé. La conversation était arrivée sur un sujet : l'honneur et les honneurs.

 

Un mot, deux acceptions. Que sacrifie-t-on au premier pour obtenir les seconds ? Aucun des protagonistes ne donna de réponse à cette question complexe. Hélie de Saint Marc se contenta de sourire et, alors, s'alluma dans ses grands yeux délavés une lumière radieuse.

 

 

 

A 89 ans, il est fait Grand'Croix de la Légion d'honneur, le 28 novembre 2011, par le Président de la République, Nicolas Sarkozy.

 

 

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INFO SITE ASAF

Madame, Monsieur, veuillez trouver ci-dessous l'accès direct à 5 documents parus récemment et sélectionnés sur le site de l'association de soutien à l'armée française.


1- Interview

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La judiciarisation du métier de soldat par le Général d'armée Bertrand de LA PRESLE.


2- Libre propos

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"La fois de trop" par le Général Bernard MASSENA diffusé à l'occasion du récent passage à la télévision de messieurs les journalistes Ghesquière et Taponier dans l'emission "Pièces à convictions". "...Alors qu'il suffirait d'honorer l'honorable, de sanctionner l'irresponsable, de parler vrai, de rester digne,. Une fois encore, une fois de plus...Un jour c'est sûr, viendra la fois de trop."

3- Libre propos

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"L'adieu à nos sentinelles de pierre" par le Général de corps d'armée Bruno DARY. Article paru dans le journal "Le Figaro", à l'occasion du dernier soldat mort en Afghanistan. "...Tous ont montré que la défense de la France ne dépendait pas tant de l'épaisseur de ses murailles, en l'occurrence de ses sentinelles de pierre, que de ses sentinelles de chair."

4- Deux documents Video (2 fois 5')

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"Témoignages sur 1 an d'engagements opérationnels de l'armée française" Des témoignages directs de ceux qui ont été impliqués dans les opérations de guerre menées au cours de cette année: pilote d'hélicoptère en Libye, témoignage bouleversant d'un blessé d'Afghanistan,...

5- Libre propos

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Le jugement sans concession du Général Jacques VIDAL commandant de l'opération de libération des otages d'OUVEA A propos du film "l'ordre et la morale". "...Ce film repose sur un triple mensonge: une thèse mensongère, une réalisation mensongère et un faux héros."


De nombreux autres documents sont à lire et à voir sur le site www.asafrance.fr

Pour recevoir par la poste chaque trimestre la publication de l'ASAF (64 pages) dont le prochain numéro, comprenant plus de 30 articles paraîtra le 15 décembre.

 

 

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Cette lettre peut être diffusée sans réserve vers les autorités et élus de vos connaissances, les médias et relais d'opinion, dans votre entourage familial, professionnel et associatif.
Très cordialement.
Henri PINARD LEGRY.
Président de l'ASAF.

 

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